L'outil de propagande

Publié le par Grougroum

Les vacances, le beau temps (c’est un concept en cette année 2012), les soldes … nous y sommes ! Le cadre idéal pour la sortie hebdomadaire greluchoise ! C’est dans un sanctuaire à midinettes, appelé plus communément « centre commercial », que j’ai pu me confronter à la décadence moderne !
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J’ai notamment pu remarquer que beaucoup d’idées parentales sont désormais véhiculées par nos chères petites têtes blondes (celles-là même qui mangeaient du kinder avec Dieter l’enfant HALLEMAND YA exposé sur la boîte de la dite cochonnerie, et mâchouillaient des Malabars recouverts de EINRICH YA, le SS haltérophile homosexuel à la bulle rose condom!). Et pour ça, les parents prennent leur rôle très à cœur !

 

kinder

 

Une femme, la trentaine (j’ai toujours aimé écrire les chiffres en lettres), son accessoire tendance à la main ; un enfant ! La fashionista-bobo-pop trimballait son chiard de 6 ans à peine, à la tête grosse comme une affiche publicitaire 4 par 3, le faire-valoir obligatoire de sa coupe de petit Sarkosyste méché chalala, abritant son petit pull léger autour de son petit cou trop frêle pour supporter une tignasse pareille. C’est criminel d’orienter de manière ostentatoire ses convictions à travers son môme. L’enfant … l’outil de propagande moderne !

goss.jpgQu’il était mimi ce bambin de droite ! Il ne manque plus que la proprio du gamin à poils à ses côté, et nous y sommes ! Un vrai spot télévisuel ventant les mérites de la bouffe bio, Française, bien de chez nous, dernier acte citoyen à la mode mis en avant par nos amis les politiciens. La business woman d’aujourd’hui est avant tout une femme engagée, et elle le fait savoir !

Elle crache également la bonne santé de sa progéniture au visage de qui veut bien l’écouter ! « T’as fait caca ? Un petit ou un gros ? » Véridique ! J’ai réellement entendu ces questions sortant de la bouche d’une dame au summum de sa gagatitude maternelle ! Quel bonheur de se sentir complice du transit intestinal de son petit ! J’avoue que ça m’a fait ma journée !

Et puis, il y a aussi les préados ! Ne surtout pas oublier les préados ! Douze ans environ, mini leggins, mini talons, mini serre-tête solaire Rayban version pare-brise fumé, mini veste en presque cuir, mini manières de femme d’affaire (comme maman j’imagine), sans oublier le mini sac à main capitonné de black paillettes pendant à la commissure de son coude. (Une phrase trop longue pour une enfant trop « tunnée »). Ah, la position typique des têtes relevées, pédantes à souhait, au sourire activia _ interne, sans que ça se voie de l’extérieur _ un concept révolutionnaire ! Car laisser transparaitre la sympathie sur un visage si maquillé serait un sacrilège, aucune expression ne devant effacer les traces de fond de teint grossièrement étalé. C’est ça, l’independant girl attitude, celles qui écrasent tout le monde en un regard. Et bien à douze ans, la petite avait tout d’une grande avec sa main relevée telle une mendiante, et le balancé de son sac imitation Vuitton où j’imagine que des carambars et autres porte-clefs de journal intime hello kitty se faisaient la male. Encore une qui finira seule, pleurnichant à l’incompréhension de son sort une fois sortie de secret story en ayant balancé aux téléspectateurs son extraordinaire secret « j’ai un QI négatif, on m’a greffé l’anus de Charles Trenet, je sculpte des bébés chats en matières fécales » ou que sais-je encore…

 

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Enfin, passons sur baby pintade, future reine des plans cul d’un soir qui feront d’elle sa marque de fabrique. Ne te presse pas joli cœur, de devenir comme maman, divorcée à quarante ans, enviant tes douze ans, et ne jurant que par son job si « full of brain storming », si « yeah yeah yeah pump it up », si « ho my god I’m so busy » ! Toi aussi tu seras aigrie avant l’heure, mimant une pseudo « wonderfull life » so empty de « fast love food » et d’anglicismes nauséabonds. Toi aussi tu revendiqueras ton indépendance le jour, pour pleurnicher ta solitude la nuit !

Mais le sanctuaire à pétasses, ce n’est pas que ça ! C’est aussi un homme, cinquante ans, moustache façon Chuck Norris, veste en jean virile et puis … une mini jupe en jean sur des leggins noirs accompagné de belles ballerines. Et oui, c’est aussi ça ! Un Monsieur-Madame qui fait ses courses le plus sérieusement du monde avec son petit caddie, et qui aime la lèche de vitrines. Voilà un personnage haut en couleurs, original, qui attise davantage ma sympathie que toutes ces gourdasses à foutre équipées de leur plus bel habit du dimanche. L’heure de la messe a sonné, l’argent de la quête va désormais à dame pipi et je me souviens du temps où j’étais la pianiste distribuant les louanges à qui veut connaitre l’emplacement du Pimkie, de Jennifer ou du temps des cerises selon les bourses (ma vie, mon job). Amen !

Publié dans VIE QUOTIDIENNE

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