Proverbe: "Décidément c'est à n'y rien comprendre"

Publié le par Fanfreman

 

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Il y a des milliers d’années …

Penché sur une contemplation enfiévrée des fluctuations du Cac 40 , l’économiste Jean-Demarchet , se masturbait mollement au rythme de la bourse. QUAND SOUDAIN, quelqu’un frappa à la porte! Sans doute encore la vil petite artiste pseudo-chômeuse habitant en face sur le pallier , cette petite merde qui aurait mieux fait de s’intéresser à de véritables métiers plein de sens et garantissant un bel avenir , des métiers rendant la vie meilleur , si ce n’est pour tous au moins pour soi. (Il importe d’ailleurs , pour votre confort de lecture , de rappeler que dans son chalet en suisse , Jean possèdait un Jacuzzi et un 4x4 capable d’aller à 10 milliards de kilomètres/heure).

 

Bon mais donc … reprenant sa masturbation sans se soucier de la jeunette, Jean se replongea dans la contemplation en direct sur LCI des fluctuations du CAC. La gamine continua pourtant à frapper à la porte.

Jean agacé fini par rengainer son zob tout en se dirigeant vers la porte. Ouvrant nonchalamment il découvrit en effet sur le pallier la petite Laure, artiste sans talent qui vendait maigrement ses talents à des multinationales américaines de peintres en bâtiments. Sa frêle silhouette de 23 ans bien comptés se dessinait dans les rayons orangeâtres d’un soir d’été suffoquant , dessinant d’envoûtants reflets sur sa chair en sueur.

« Heu … je … c’est que … je … » bégaya la petite dont les joues s’empourpraient a vu d’œil.

Jean lança un regard non dissimulé à la poitrine rebondie de la gamine , ses tétons pointant au travers de son T-shirt humidifié par moiteur estivale.

« Quoi qu’est ce que tu veux la sauvageonne … j’ai du travail alors si ça t’emmerde pas tu t’casses pour crever dans ton carton … va t’chercher du travail, paysanne , y en a qui servent à quelque chose en c’bas monde! MOI par exemple.»

Une larme se dessina au coin de l’œil de la mignonnette qui détourna le regard , ses cheveux parfumés dissimulaient avec peine la douleur qui se dessinait sur son visage.

« Mais … c’est que … »

« Quoi?! Tu m’aimes? petite pute! T’en as sucé combien pour survivre jusqu’ici? … vas-y tu peux m’les énumérer les kilomètres de bites et les hectolitre de foutre que t’as bouffé pour pas mourir de faim et te faire des amis … moi je déteste les hypocrites mais j’déteste encore plus les sales p’tites putes moches qui s’croient tout permis parce qu’elles ont appris à rouler du cul. Tu sais moi j’ai du gagner ma vie à la force du poignet, j’me suis pas amusé à fumer des joints et sauter des hippies quand il fallait travailler … on s’repose sur sa jeunesse et du coup on apprend rien d’la vie , puis un jour VLAN ça nous retombe sur la gueule … comme pour toi p’tite conne … car la vie c’est la jungle , seul les plus forts survivent … alors chiale pas bouffonne , apprend à être un requin et peut être que tu t’en sortiras mais j’admet que j’en doute vu qu’t’es trop conne pour changer quoi qu’ce soit a ta vie merdique et sans interêt. Parfois faut savoir marcher sur les autres et leur pisser au visage , sinon on peut pas s’en tirer , tu vois c’que j’veux dire , le monde il est comme ça et y a pas a en discuter , moi je sais , toi tu sais pas et même si tu m’exposais tes mensonges hippies et tes conneries de karma , j’en aurai rien a foutre , car moi j’me base pas sur de la magie pour comprendre les choses , moi j’me base sur des faits , sur du solide , sur l’économie , sur la vérité , sur la liberté , sur les lois junglesque de l’entreprise … en bref , pas sur de la merde! C’est d’ailleurs la différence fondamentale entre toi et moi tu vois … moi je pisse et toi tu reçois a la figure parce que tu veux faire la gentille , l’utopiste , la maline , mais moi au moins je finirais pas dans un carton , moi je finirai dans un cercueil doré tapissé de dollars et j’aurai la classe. Tout c’que j’t’explique c’est la vérité et c’est normal vu qu’en fait , certaines personnes sont nées pour gouverner et dominer les autres avec leur savoir indiscutable et leur pouvoirs magiques innés, il existe un peuple de surhommes comme moi capable de dominer le monde en faisant fi des mièvreries de l’âme humaine et bassement animale. Donc maintenant p’tit cafard , si tu l’permet j’vais en retourner a mes occupations sérieuses et te laisser mourir … prend en d’la graine. Ici on lave son linge sale en famille et on tir a poulet rouch … on est pas d’la même planète et la mienne est plus classe que la tienne.»

Jean claqua la porte au nez de la gamine. Ressortant son penis de son pantalon il alla se précipiter devant sa télé pour continuer à suivre les informations et les fluctuations du Cac.

On toqua encore à la porte … sans doute encore cette conne d’artiste … grand temps de mettre un terme a tout ça.

Cette fois , pas le temps de ranger son zob , Jean fonça dans la cuisine pour s’emparer d’un couteau et fila , queue pendouillante jusqu'à la porte qu’il ouvrit en engouffrant directement son couteau dans l’ouverture pour poignarder le quelconque tir au cul qui s’y trouvait. Son attaque siffla dans l’air , il n’y avait personne à la porte , mais juste devant , par terre , se trouvait un tableau très laid représentant notre économiste doté d’une musculature qu’il n’avait guère , accompagné de la petite gamine nue , aux mains baladeuses , embrassant avec passion le poitrail puissant de son aimé.

Le concierge qui passait le balais dans l’coin apperçu Jean , queue à l’air , regardant avec mépris et incompréhension le tableau de très mauvais goût … détournant alors le regard pour en retourner à son balayage , le concierge se fit interpeller de vive voix par Jean.

« Hé cancrelat … j’ai du boulot pour toi … j’te fais don de quelques minutes de ma présence pour te donner du taf alors profite en ça se présentera pas à toi tous les jours. »

le concierge ne comprenant pas vraiment ce que racontait l’autre zozo , resta silencieux , observant la scène de loin.

Jean dirigea sa bite vers le tableau au sol et lâcha un abondant jet de pisse dessus.

L’extase se lisait sur son visage et dans sa tête une vision du mont olympe avec Dieu tout puissant perché au sommet l’adoubant avec une épée constituée de dollars lui vint a l’esprit. Après l’adoubement , la peau de Jean devenait tout a coup illustrée du motif du dollars et son penis grandissait et éjaculait une foultitude de billet dans un orgasme apocalyptique et infini. Un frisson parcourut la colonne vertébrale de Jean lâchant son dernier jet de pisse, un frisson qui d’ailleurs le sorti de son rêve merveilleux et le ramena sur terre.

Secouant les dernières goûtes de son zob il fit un p’tit doigt d’honneur discret au concierge puis s’en retourna à sa masturbation en claquant la porte.

Le concierge se ramena pour essuyer la pisse et jeter le tableau détrempé dans un sac poubelle. La petite qui vivait juste en face avait tout écouté à la porte et elle sortit de chez elle valises en mains , larmes aux yeux. Le vieux concierge esquissa un sourire compatissant , avec de beaux yeux de Bambi adressés à la gamine qui , en s’en apercevant , ne pu retenir de gros sanglots.

Le brave homme , gentil comme une mère , prit la petite dans ses bras et lui murmura quelques paroles réconfortantes, la fille se calma , elle serra la main au brave homme en reniflant un peu ses dernières larmes , puis , essuyant ses yeux rougeauds elle reprit ses valises et quitta à jamais ce lieu dans lequel , jusqu'à la fin de sa location , elle avait aimé un homme d’un amour impossible politiquement parlant.

 

Le concierge regarda la fille disparaître dans l’escalier avec ses valises , il écouta ses pas résonner dans la cage d’escalier , la porte s’ouvrit , elle quitta à jamais ce lieu. Reprenant son travail le concierge entendit soudain un bruit à l’étage au dessus. Un bruit étrange , tellement étrange qu’on eu pu croire qu’il s’agissait du bruit d’un requin totalement marteau en train de copuler avec un éléphant de mer. Le concierge monta avec précaution l’escalier jusqu'à l’étage. Là , sur le sol , il trouva une feuille avec une inscription à demi effacée : « … compris , si vraiment il ne faut pas le faire , alors je le fais ! ». Les yeux du concierge grossirent comme des prunes explosives dans leurs orbites puis il s’exclama … « DECIDEMENT C’EST A N’Y RIEN COMPRENDRE! ».

 

Depuis ce jour , quand on voit marquée quelque part la phrase à demi effacée « …compris, si vraiment il ne faut pas le faire , alors je le fais ! » , il est convenu de s’exclamer « décidément c’est à n’y rien comprendre. » Et oui … tout s’explique.

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